De 1935 à 1936, le Tricentenaire du rattachement des Antilles à la France est organisé comme une vaste opération de propagande visant à réaffirmer les liens entre la « Mère Patrie » et ses « vieilles colonies » à travers un discours d’assimilation et de progrès. Cette célébration, conçue comme une exposition coloniale exportée sur place, sert à glorifier la mission civilisatrice de la France tout en mettant en scène la prospérité économique et le dynamisme culturel local. Sur le plan social, l’événement mêle de grandes fêtes populaires rythmées par la biguine à des pratiques aujourd’hui contestées, comme l’exhibition de populations locales présentées comme des curiosités. Architecturalement, le Tricentenaire adopte les codes du modernisme : au Parc Gallieni, une porte monumentale à la géométrie rigoureuse accueille les visiteurs, tandis qu’aux Terres-Sainville, une fontaine lumineuse devient le totem de cette modernité technique, célébrant l’alliance de l’eau, de l’électricité et du mouvement.